lundi 5 juillet 2010

Ainsi la Renaissance fit de la terracotta un art

La Madone Bardini de Donatello.



La face de la Madonna, d'une profonde intensité – qui semble méditer sur le cruel destin du Christ, son fils - a quelque chose de mystérieux avec le regard hors du temps et de l'espace…





Cette image porte en soi toutes les caractéristiques de cet art statuaire. Divinité, archaïsme, temps lointains de l'histoire. La tradition biblique proposait la création du premier homme, Adam, modelé dans l’argile.

Récit qui est un parfait exemple dans le bas-relief en terracotta « vernie », attribué à Donatello, du Musée de l'Oeuvre du Dôme de Florence, représentant la Création d'Eve…

Lorenzo Ghiberti proposa dans la tradition renaissance l'idée de l'argile mère de tous les arts.

Considéré traditionnellement comme l'auteur des plus célèbres prototypes des groupes représentants la Madone à l'Enfant. Il dirigea, entre le 1403 et le 1424, le chantier de la Porte Nord du Baptistère de Florence où on pratiquait le modelage de la cire et de l'argile et où on forma une génération d'artistes : Donatello, Michele da Firenze, Nanni di Bartolo, Michelozzo…




Jacopo Tatti, detto “Il Sansovino” (Firenze 1486 - Venezia 1570)

Cavaliere che calpesta un vinto


A suivre...

dimanche 4 juillet 2010

Terre cuite d’Impruneta à la renaissance


Pendant des siècles la terre cuite d’Impruneta a été la protagoniste au-delà de son territoire d’origine. En particulier dans le tissu urbain florentin.

La couleur caractéristique de ce matériau et sa grande qualité technique marquent dans des réalisations architecturales de haut niveau :

• Le Dôme de Florence

L'église Santa Maria des fleurs est la cathédrale de Florence. C'est la quatrième église d'Europe par sa taille, après Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul à Londres et la cathédrale de Milan. Elle fait 153 mètres de long et la base de la coupole fait 90 mètres de large.

Construite par l’architecte Brunelleschi, c'est la plus grande coupole en appareil maçonné jamais construite.

Brunelleschi choisit la terre cuite pour construire cette coupole car ce matériau offrait à la fois des caractéristiques de solidité et de légèreté – la voûte de la coupole n’a en effet aucune armature de soutien – que seule la terre cuite peut donner. L’architecte était très exigeant et voulait que les briquetiers d’Impruneta fournissent des matériaux parfaits.

• La basilique du Saint Esprit à Florence


L'église maintient l'extraordinaire et innovatrice structure « brunelleschienne » : parmi les éléments de celle-ci, la couverture de la coupole, avec tuiles en écailles, et au dallage interne en terre cuite. Dans ce cas, l'intense coloration de la terre cuite est alternée de pavés de pierre, qui forment de vastes carrés dans une bichromie géométrique qui fut un élément fondamental de la tradition renaissance florentine.

• Le palazzo vechio à Florence


Dans la salle Léon X où se trouve une fresque de la généalogie de la famille Médicis, on peut voir des panneaux en terre cuite d’impruneta.

• La bibliothèque Laurentine de Florence


Cette bibliothèque fut fondée par Cosimo l’Ancien, de la famille des Médicis et se développa grandement sous le gouvernement de son fils Piero et de son petit-fils Laurent (le Magnifique).

Après plusieurs incidents (déplacement de la collection entière vers Rome), ce fut un pape appartenant à la famille des Médicis, Clément VII, qui demanda à Michel-Ange de concevoir et de construire la bibliothèque actuelle.

Les travaux commencèrent en 1524 sous la direction de Michel-Ange et furent terminés par ses disciples, Giorgio Vasari et Bartolomeo Ammannati.

Le vestibule de la bibliothèque, dessiné par Michel-Ange, est considéré comme l’un des premiers exemples d’architecture maniériste, précurseur du style baroque.

Les carreaux de terracotta rouge utilisés pour paver la bibliothèque venaient d’Impruneta.


Au-delà de l’art à Florence, dans les villages environnants, la terre cuite a été utilisée dans les demeures qui émaillent le territoire imprunetino :

Villa Carrega, villa Corsini à Mezzomonte, villa il Moro à San Lorenzo in collina, etc…

A suivre...
 
 
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samedi 3 juillet 2010

Important pour l'histoire des fours à terre cuite

La tradition des fours à terre cuite naît officiellement avec le plus ancien document aujourd'hui connu, la réforme des statuts de la corporation des « mezzinai et les orciai », signée du notaire Benintendi de Guittone de Sainte Marie Impruneta le 23 Mars 1308, année florentine.




En cette époque fabricants de jarres et potiers étaient réunis dans une corporation qui avait pour but de protéger et réglementer la production et la qualité des produits d'un artisanat déjà alors florissant. Cet acte nous informe que les membres de la corporation étaient 23.
 
A suivre...

Origines

Le travail de l’argile pour la fabrication des poteries en terre cuite d’Impruneta remonte à l’époque étrusque et romaine.

Jusqu’à l’époque romane l’argile fût exploitée pour les matériaux de construction.

Le plus ancien témoignage remonte au XI ème siècle et en 1998 il y eu le premier signe des activités des tuileries à Impruneta.

Jusqu’au XIII ème siècle les informations sont peu sûres mais à partir du XIV ème siècle avec la présence des artisans dans les arts et les corporations il y a plus de témoignages.

La population exploitait l’argile locale dont la qualité permettait de produire toutes sortes de briques et de récipients.

La production locale était constituée de cruches (“mezzine”) destinées au transport de l’eau et de jarres (“orci”) destinées au stockage de liquides et de céréales.



A suivre...

vendredi 2 juillet 2010

Cette argile spéciale au service de tous les styles

Du gothique à la renaissance, du maniérisme au liberty, du rationalisme à nos jours, la plasticité de la terre cuite d'Impruneta satisfait les exigences créatrices et les usages les plus divers.





« Il cotto » est lié à l'histoire d'Impruneta et vice-versa, la vie d'Impruneta est liée à l'économie de la terra cotta.

Nous sommes à l’ouest de Florence, aux portes du Chianti, le long de l'ancienne route de liaison avec Arezzo. Parmi ces collines, en partie couvertes de buissons (prunetis), se cachent les gisements de galestro, l'argile spéciale déjà connue des étrusques et des romains.

Le premier boom de la terra cotta remonte au XII siècle.

Sortant du Moyen âge, se développent les commerces. On cumulait des capitaux à Florence et dans la campagne voisine. Fleurit ainsi l'industrie des constructions, des palais forteresse, des sanctuaires, des objets votifs. Rien de mieux que l'argile d'Impruneta pour cela. Des gisements d'argile aux fours à terre cuite, d'un délicat rouge rosé, robuste et résistant.

L'église de Sainte Maria d'Impruneta remonte à l’an Mille. Le cardinal Umberto di Selva Candida la consacra en 1060 après de longues tribulations.

Les habitants de la région tentaient en effet depuis longtemps de construire un temple à la Madone.

Mais la légende veut que ce qui se faisait le jour s’écroulait la nuit. Il fallait donc un exorcisme : des pierres et des briques furent chargées sur un chariot et il fut décidé que l'église s’élèverait où les bœufs qui le traînaient se seraient arrêtés. Ainsi fut fait.

Mais cela ne suffit pas.

Toujours selon la légende, les fondations mirent à la lumière une image de la Madone qui selon les spécialistes était peinte par Saint Luc évangéliste et apportée en Italie par Saint Romulus en personne, évêque de Fiesole, pensant bien la cacher dans les broussailles (prunetis) pour la sauver des persécutions contre les chrétiens.



Grâce à l'église et à l'argile, Impruneta devint vite point de rencontre, de prière et d'échanges commerciaux.


Sacrée et profane, la terre cuite eut sa consécration. D’abord au début près des chantiers, les fours se multiplièrent partout. Partant des simples briques pour l'industrie du bâtiment (des briques, tuiles) on diversifia la production pour satisfaire diverses et croissantes exigences du marché : urnes et cruches pour la conservation des denrées alimentaires, vases de chaque type et de dimension pour orner les maisons et les jardins.


 
Plus tard même les grands maîtres de la renaissance l’emploieront (Donatello, della Robbia, Brunelleschi)
 
A suivre...

jeudi 1 juillet 2010

La “terracotta” d’ Impruneta

Oui, je sais, je vous en ai déjà parlé à l'occasion, dans mes carnets de vacances, lorsque je réalise une sculpture avec cette terre d'un beau rouge-rosé mais je vais à présent vous raconter l'histoire de cette terre spéciale, de cette petite ville de Toscane.




Au cœur de la Toscane dans la région du Chianti, à 13 kilomètres au sud de Florence, s’élève une terre vaste, élégante, entourée d’une chaîne de collines pittoresques habitées par des villages, des maisons et des demeures seigneuriales.



Dans la beauté de ces paysages, une petite ville de 15000 habitants, Impruneta est enracinée dans le temps.



Une bonne partie des territoires du Chianti est riche en argile et en particulier ceux d’Impruneta où le développement de la production de la terre cuite fût favorisé par la qualité optimale de l’argile et par la richesse en forêts (qui était un bon combustible pour les fours) et aussi par la position géographique qui est situé entre Florence, Sienne et Arezzo.

A suivre...


L'été... Le farniente!


L'été, le temps des barbecues, du vin frais sur la terrasse, des siestes sous les arbres...
Puisqu'on a la chance d'avoir un bel été, je n'ai plus guère envie de m'enfermer dans l'atelier avec la terre et les pinceaux.
Je vais quelque peu délaisser le travail de l'argile et des peintures pour profiter du soleil...
Délaisser ce blog aussi comme vous avez déjà pu constater son l'activité au ralenti.

Mais si vous êtes sages, je vous raconterai une histoire!

A suivre...

dimanche 27 juin 2010

La chevelure blanche, la photo!



J'ai enfin fait la photo officielle de la chevelure blanche avec son miroir...
Pas évident de photographier un visage dans le miroir avec les reflets et le soleil qui a tendance à surexposer le blanc de la chevelure.





Divertimento

Dans la série," l'école est finie", voici le repas de fin d'année avec mon cours d'italien.
Cette année, chacun a cuisiné son plat et apporté son vin (italien évidemment!) et nous avons mangé dans la classe, dans une ambiance sympa! C'était franchement aussi bon qu'au resto car je trouve que les restaurants italiens à Liège sont souvent trop cher pour ce qu'on y mange. Nous cuisinons aussi bien, si pas mieux qu'eux!

Je vous promets que toutes les bouteilles vides sur l'appui de fenêtre n'ont pas été bues ce soir...

dimanche 20 juin 2010

Fin juin, le temps du plaisir

Jeudi dernier, j'ai présenté l'étape finale de mes cours d'italien, mon travail sur le sujet que j'avais choisi: "Terracotta d'Impruneta".
Un travail écrit. Une partie historique depuis les étrusques, en passant par le moyen-âge et la renaissance jusqu'à nos jours et une partie technique sur le travail de la terre de l'extraction à la cuisson.
Ensuite, un oral (en italien bien sûr) où je devais expliquer tout cela avec l'aide d'un diaporama.
J'attends les résultats pour jeudi avec un souper sympa à la clé...
Mais hier, c'était le traditionnel souper de la chorale dans laquelle je chante.
J'adore l'ambiance de fin juin, décontraction et amusement avant la séparation des vacances.

lundi 14 juin 2010

Ouverture du four


Ce matin il y avait encore une température de 100° dans le four lorsqu'on a ouvert et... Petit moment de stress... Tout va bien! Elle est entière! Ouf!



A suivre pour sa patine et aussi j'aimerais lui adjoindre un miroir comme sur la peinture. On la verrait d'abord de dos avec sa silhouette de jeune fille et puis en s'approchant, on verrait son visage vieilli dans le miroir...

dimanche 13 juin 2010

Dimanche d'élections et de cuisson

Ce dimanche, à peine un an après les dernières élections, calme relatif avant des remous de crise probable et un avenir incertain pour la Belgique... 

Mais pendant ce temps, loin du tumulte politique, sereine au coeur du four, elle cuit, doucement, durant toute la journée, jusqu'à 1050° et il lui faudra encore toute la nuit pour refroidir jusqu'à l'ouverture et le verdict demain matin.



Et à propos de four...

Je vous propose l'exposition du mari de la dame qui cuisait mes pièces lorsque je n'avais pas encore de four et chez qui je me fournis en terre (lorsqu'elle ne vient pas de Toscane). 


 

Dominique, Martin et Louis ont le plaisir de vous inviter au vernissage de la

RETROSPECTIVE
Jacques Lecrompe
(1957 – 2006)

Espace Wallonie
place Saint-Michel 86 à Liège
(au pied de la rue Haute Sauvenière , derrière l’Îlot Saint-Michel)

le vendredi 2 juillet à 18 heures

Exposition ouverte du 3 au 31 juillet 2010

Accessible du lundi au vendredi de 9 à 16 h 30 et le samedi de 9 à 13 heures.

Dominique Matagne
Rue Sartay 71 - 4610 Beyne-Heusay
Gsm : 0494 81 33 81

samedi 12 juin 2010

Fornaciao

Et une semaine plus tard...

Rappel:

Dimanche dernier au moment de cuire ma sculpture, je me suis aperçue qu'elle avait 10 cm de plus que mon four!

Qu'à cela ne tienne!!!

Mon "fornaciao" me l'a agrandit.
Au choix, deux ou trois morceaux de plus suivant la grandeur de mes sculpture ou suivant mes erreurs...



Pour cette fois, deux morceaux suffiront.



La voici donc bien installée, à l'aise, prête pour la cuisson demain de bonne heure.

En compagnie de moulages de plâtre dans lesquels est installé du cristal de différentes couleurs selon les objets que je souhaite obtenir.

 

Quant à moi, cet après midi, corvée déclaration d'impôts! Je hais! Déclarer la moindre facture, le moindre pinceau acheté, des tonnes de papiers à remuer! Grrrrrrrrrrrrrrrrr!!!!!!!!!!!!!

PS:
Ne cherchez pas dans le dictionnaire "fornaciao"
C'est un mot italien qui n'a pas d'équivalent français et qui signifie:
Ouvrier-artisan  qui travaille dans les fours de terre cuite.