« La petite fille du tableau » qui donne son titre au dernier roman de @christianamoreau est Antonietta Gonsalvus, née à la Renaissance, atteinte d'hypertrichose et immortalisée sous les traits de pinceau de la grande Lavinia Fontana.
Ce roman contient certains de mes ingrédients préférés. Tout d'abord, il mêle la littérature et l'histoire de l'art, et souligne notamment la place des artistes femmes au sein de cette dernière. À partir de là, il ne pouvait que me plaire.
Ensuite, il contient beaucoup de personnages féminins dont trois sont liés par-delà les époques : Mélanie, qui perd la garde de sa fille à cause de son addiction à l'alcool, Alice, sa fille, qui est fascinée par le destin de la petite fille du tableau qu'elle a vu au Château de Blois, et Antonietta Gonsalvus elle-même. Christiana Moreau ajoute de subtiles références aux corps des femmes : la couleur de nos cheveux et notre pilosité étant encore aujourd'hui constamment jugées.
Étonnamment, le personnage auquel je me suis le plus identifiée est la petite Alice. À neuf ans, elle voit sa famille exploser et se reconnaît très fort en Antonietta, en qui elle voit un réconfort et une amie qui souffrait de sa différence. Je pense qu'au même âge, j'aurais voulu être amie avec Alice et Antonietta.
Pour se retrouver et retrouver sa fille, Mélanie entame la rédaction d'un roman qui raconte l'histoire de son amie imaginaire. Cette thérapie par l'écriture inattendue donne à « La petite fille du tableau » un aspect métafictionnel qui m'a énormément plu. Chaque chapitre alterne entre l'histoire d'Alice et Mélanie et celle des Gonsalvus racontée par cette dernière, entre colonisation, rapt et préjugés.
Christiana Moreau signe un roman, pas un livre d'histoire, et pourtant elle nous invite à voir l'histoire « telle qu'elle s'est passée et pas telle qu'on a voulu la montrer », redonnant leur dignité aux Gonsalvus et à Antonietta le pouvoir d'inspirer d'autres petites filles qui se sentent différentes.
Un énorme coup de cœur ! ♥️
@soeursierelitteraire

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Vous pouvez me laisser un petit commentaire, ça fait toujours plaisir.