jeudi 31 mai 2007

Adam et Eve

J'ai retourné la main à la pomme. Je voulais ajouter un serpent qui s'enroulait autour d'eux mais finalement je l'ai retiré car ça me paraissait trop tarabiscoté. Trop de détails nuisent à la composition.
Et puis, je préfère les laisser déguster leur délicieuse pomme ensemble, tranquillement puisqu'ils ont choisi de la manger, au diable la morale judéo-chrétienne!
Je trouve qu'ils ont très bien fait! Ce fruit défendu devait avoir un goût exquis et qu'importe s'ils ont connu des peines et des souffrances après, ça leur a permis d'apprécier davantage les bons moments de la vie.
Comme il devait être fade leur paradis terrestre. Le bonheur obligé, ça doit être bien ennuyeux! Et puis comment savoir que c'est le bonheur quand on a pas connu les tourments pour pouvoir comparer?
Que ça doit être long la vie éternelle! Pas de temps qui passe, de visages qui se marquent, de cheveux qui blanchissent et ne pas pouvoir goûter à cette ultime expérience qu'est la mort!


Je les ai déposés dans leur carton, recouverts d'un plastique durant quelques jours pour le séchage en douceur. Dans le secret de leur intimité, que peuvent-ils se raconter?

Adam et Eve furent punis d'être végétariens. Ils auraient dû manger le serpent.

[Robert Sabatier]

mercredi 30 mai 2007

Matinée de travail

Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour. [Félix Leclerc]


Toute une matinée de travail...et presque rien de visible...et pourtant.
Travail de la matière sur les visages pas terminés....
Toujours l'infinie patience.
Mais dans une matinée entière de travail, on ne fait que frôler une sculpture....On fait à peine un pas....Il faut l'infinie patience....et le dos qui fait mal et les crampes dans les mains. ....Et l'insatisfaction....

mardi 29 mai 2007

Visage

Cette main appartiendrait à quelqu'un?
Le visage humain fut toujours mon grand paysage. [Colette]

dimanche 27 mai 2007

Vider une sculpture en terre

Hier soir, se déroulait le concert annuel de la chorale "Anima"dans laquelle je chante à l'église Saint-Séverin.
Une jolie petite église romane du XI ème siècle.
J'ai pris un plaisir merveilleux.
L'église pleine à craquer, la récompense de ces chants qui s'envolaient magiques après tant de répétitions laborieuses.
C'est tellement euphorisant de faire partie d'un tout harmonieux...

Aujourd'hui je plane encore un peu...

J'ai repris ma main à la pomme et j'ai entrepris de la vider afin de ne pas avoir de problèmes de casse à la cuisson.
1,2,3 Avec le fil à couper, je la partage en deux parties.
4 Je la vide régulièrement
5 Je hachure les bords des deux parties
6 Je fais de la barbotine avec la terre que j'ai retirée
7 Je recolle les deux parties l'une sur l'autre
8 Je pose un petit boudin sur la ligne recollée
9 Elle peut retrouver sa main



samedi 26 mai 2007

Sans commentaire

(ils l'ont fait pour moi...)

Casser va plus vite que raccommoder. [Proverbe suisse-allemand]

Sans la casse, la poterie n'existerait plus. [Proverbe arabe]

Oh, le beau triomphe que de casser l'aile au rêves ! [Alphonse Allais]
Je n'ai pas dit mon dernier mot! Grrrrrrrrrrrrrrrrr!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (à suivre)


vendredi 25 mai 2007

Salon Libr'art

Je viens de recevoir les papiers pour m'inscrire au prochain salon Libr'art 2007.
Je ne sais trop ce que je dois faire...
Après le salon 2006, j'étais un peu découragée car il n'avait pas bien marché.
Pourtant la qualité des oeuvres exposées était exceptionnellement bonne mais de l'avis général il y avait eu beaucoup moins de ventes.
La conjoncture économique?
Le fait que l'on trouve dans les magasins de déco des posters bon marché sur toile avec un relief.
Les gens aiment changer souvent leur déco, ils ne conçoivent plus trop d'investir dans un tableau qu'ils garderont toute leur vie.
On vit dans une époque de futilité, de superficialité, un monde de l'image facile, un monde où je me demande si j'ai encore ma place...
Par ailleurs, j'aime l'ambiance de Libr'art. Retrouver ces artistes de tous les pays, de tous les courants artistiques. Échanger, faire des rencontres, se confronter aux évolutions...
Je n'ai fait aucune exposition cette année.
Je m'étais donnée un an de "congé sabbatique" pour m'amuser, faire ce que j'ai envie sans penser travail à exposer. Effectivement je me suis bien amusée. J'ai découvert la sculpture, j'ai appris de nouvelles choses, j'ai retrouvé des sensations que la peinture ne m'apportait plus après toutes ces années.Il y aura un an en septembre.
M'inscrire ou pas m'inscrire?
Avec la peinture ou oserai-je y mêler des sculptures?
Je me sens encore trop débutante dans cette discipline.
Pas encore assez de maîtrise.
Que faire?
Encore un peu de temps pour réfléchir...

mercredi 23 mai 2007

Epilogue

Quatre siècles plus tard, au dix-neuvième, avec la redécouverte du monde de Botticelli par les anglo-saxons grâce aux préraphaélites, Simonetta Vespucci renaît. Même figure emblématique de sa conception esthétique, de son mythe de beauté universelle, païenne plus que chrétienne, femme plus qu'ange.
Entre le dix-neuvième et le vingtième siècle, l'écrivain Italien et Européen qui senti le plus le charme de «la belle Cattana » fut Gabriele D'Annunzio, l'écrivain le plus païen, le plus spécialiste de la Renaissance, le plus de transgressif peut-être qu' ait eu l'Italie. Ponctuellement dans son œuvre, avec une chronologie constante on retrouve la figure de Simonetta. Dans les vingt dernières années du XX siècle, Simonetta a été détachée de son contexte par les créations des artistes, et est devenue une icone publicitaire.


Ainsi fut-il pour Simonetta.

Le destin singulier, sans pareille, inconsciemment perçu par Laurent de Médicis, lorsque dans un magnifique sonnet, il chante qu'elle s'est transformée en une « étoile » :
O claire étoile …

Elle devenue une « étoile » qui brille encore après cinq siècles.

FIN

lundi 21 mai 2007

Simonetta Vespucci éternelle

Après le 26 avril 1476 Julien de Médicis encourage les écrivains de son cercle littéraire à écrire des vers pour se souvenir de la femme qu’il a aimée.
Simonetta serait passée dans l'histoire comme les autres figures féminines du passé, s'il n'y avait pas eu - parmi beaucoup - deux artistes sans pareille et conquis par elle, qui témoignèrent passionnément, du cadeau de la beauté universellement reconnue: Botticelli et Poliziano. L’un par la peinture, l’autre par la poésie.

La singularité du témoignage de Botticelli est liée au fait que les deux jeunes, Julien et Simonetta, restèrent ses modèles idéaux même lorsque les deux furent morts depuis longtemps.
Les tableaux où elle servit de modèle continuent de faire parler d'elle :
Le printemps (dans le rôle de Flore),
La naissance de Vénus (dans le rôle de Vénus bien sûr, et nue s'il vous plaît, avec chevelure irrésistible de grande pécheresse).
Botticelli connaissait le golfe de La Spezia dit antiquement Golfus Veneris, où Simonetta naquit.
Il la représenta en Vénus nue, debout sur un coquillage, sortant de l’écume blanche de la mer Egée, pressant ses boucles d’une main et couvrant son sein de l’autre, voguant vers la terre, comme un cadeau de la mer faite aux Florentins.
Lui qui la prit pour modèle on ne sait combien de fois, et qui ne pu jamais, une fois rencontrée, s'empêcher de peindre la Beauté sans penser à elle mourut en 1510 et voulu être enterré dans l’église Ognissanti, près de la tombe de Simonetta.
Autre testimonial de Simonetta fut Piero de Cosimo, peintre florentin à peine plus jeune qu’elle, auteur d’un portrait célèbre aujourd’hui conservé au Musée Condé de Chantilly en France.
Piero de Cosimo étant trop jeune au décès de Simonetta, il ne peut s’agir que d’un portrait posthume. La jeune femme est représentée le buste nu, ce qui est très rare à la Renaissance. Par contre, la représentation de profil est caractéristique de cette époque. Le front très bombé (les femmes de la Renaissance s’épilaient couramment le front) et le nez retroussé se retrouvent souvent dans l’œuvre de Piero di Cosimo. Le peintre n’a pas cherché à faire un portrait ressemblant de Simonetta, mais une représentation de la beauté idéalisée de celle qu’on appelait « l’idole de Florence ».
Le tableau est construit sur un jeu d’antithèses :

Des éléments opposés se trouvent représentés côte à côte, réunis pour créer un seul paysage.

Le côté gauche évoque les collines de Toscane, la vue de Florence depuis les jardins Boboli tandis qu’à droite, Portovenere.
Beau temps/mauvais temps.
Obscurité/lumière (la seule vraie lumière est captée par le visage, peint "légèrement surexposé").
Présent/passé (portrait posthume).
Vie/mort, Pleine santé versus tuberculose à 23 ans
À droite du tableau les arbres sont vivants, avec de belles feuilles. À gauche, prenant presque tout l'espace, un grand arbre n'est plus que carcasse qui dresse désespérément vers le ciel ses branches mortes.
Le serpent est à la fois le Mal, la tentation, la séduction, mais aussi la vie éternelle dans le christianisme primitif, tout en créant une force érotique certaine due au contact de son corps avec la peau si fine de la belle Simonetta.Attirance/répulsion,
Beauté idéalisée sublimée universelle de la Renaissance/Beauté diabolisée du Moyen-âge.Le serpent est là aussi pour dire le mal qui la ronge invisible (intérieur) qu'elle porte dans cette poitrine si belle de l'extérieur. Intérieur/extérieur.
Que faire face à ce destin tragique ?
Piero di Cosimo est idéaliste :
Simonetta reste de marbre.
Elle regarde devant elle, loin, étrangère à ce qui se passe, à son environnement, à celui qui la peint ou la regarde.La lumière sur son visage lui donne calme, sérénité intérieures.Elle devient la Perfection, l'Éternité.


En savoir plus:
 

 

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vendredi 18 mai 2007

La conjuration des Pazzi

La conjuration des Pazzi est un complot fomenté à Florence par la famille Pazzi (qui veut dire fous) contre les Médicis en 1478 et qui se solda par un échec, les assassins ayant été arrêtés et Laurent le Magnifique ayant réchappé à l'attentat.

L'ascension des Médicis mettant, aux yeux de leurs ennemis, en péril les libertés de la République de Florence, les Pazzi prennent la tête du complot destiné à évincer les Médicis du cercle du pouvoir (et de les remplacer comme première famille de la ville).

Un complot est alors ourdi dans le but d'éliminer Julien et Laurent de Médicis, décapitant ainsi la famille de ses principaux chefs.

Après une tentative avortée la veille, lors d'un banquet où Julien, indisposé, ne se rendit pas, le 26 avril 1478, jour de Pâques, (et date anniversaire de la Mort de Simonetta) à la messe, dans la cathédrale, au moment de l'élévation, Julien de Médicis et son frère Laurent, agenouillés, sont attaqués par Francesco de Pazzi et ses complices : Julien succombe de 19 coups de couteau mais Laurent, réfugié dans la sacristie, en réchappe.

Au final, l'échec de la conjuration des Pazzi marque un tournant dans l'histoire de la dynastie : elle renforce énormément la popularité de Laurent qui deviendra le Magnifique, et fait indiscutablement des Médicis les primes inter pares à Florence, les parant d'un prestige alors inégalé.
L'histoire de la conjuration des Pazzi a été écrite par Poliziano.

Ca s’est passé un 26 avril.
Simonetta était déjà morte depuis deux ans jour pour jour...

jeudi 17 mai 2007

Chipotages

J'ai commencé à "chipoter" un peu en vue de ma prochaine sculpture. J'ai fait une main. Gauche.
Les mains sont ce qu'il y a de plus difficile tant en peinture qu'en sculpture. Bon, en peinture, ça va. J'ai quand même une petite expérience de 25 ans (au moins!) je fais ça les yeux fermés mais en sculpture, pour une débutante comme moi, pas évident de faire des doigts qui ne ressemblent pas à des boudins ou des saucisses!

Je lui ai ajouté une pomme - verte - Vous avez, j'en suis sûre déjà une petite idée de ce qui viendra après...

Ensuite, en déplaçant ma chrysalide pour faire une petite place de séchage pour la main à la pomme, j'ai cassé une aile et un bout de chapeau!
Je savais que j'aurais des problèmes mais avant même de quitter la maison, faut l'faire!
Vais-je cuire l'aile à part et essayer de la recoller ensuite? Est-ce que ça vaut la peine? Je suis tentée de la mettre à la poubelle! Ecoeurée!

La mort de Simonetta Vespucci

Ce matin, je viens de faire un moulage en plâtre qui me servira pour une prochaine sculpture dont j'ai le projet dans la tête.
En attendant que ça sèche, je rédige la suite de l'histoire de Simonetta puisqu'il semblerait, d'après les commentaires qu'on m'envoie que vous aimez ça...

L'existence de Simonetta fut un véritable météore fugace, parce que seulement un an après «La joute de Julien » elle mourut de phtisie, le 26 avril 1476, à l'âge de 23 ans.

Sa mort fut l'occasion de réaliser combien tout le monde la respectait et la vénérait de par sa beauté mais aussi d'avoir su ne pas sombrer dans ce monde violent et calculateur dans lequel elle avait évolué. À ses obsèques, des milliers de gens suivirent sa dépouille dans les rues, et l'on pouvait y reconnaître, attention les yeux, outre Ghirlandaio et Botticelli, d'autres artistes et non des moindres comme Filippo Lippi et Léonard de Vinci, jeune apprenti de Verrocchio !

Elle est enterrée dans la chapelle funéraire des Vespucci que Ghirlandaio avait décorée vers 1472 à l’église des Ognissanti.

Laurent le Magnifique dit qu’il vient de découvrir dans le ciel une étoile qu'aucun avait observée avant.
Celle-là est Simonetta dit-il et ensuite il écrit ce sonnet qui commence ainsi

O stella di chiara, tuoi di raggi del Che Co lume del il dello stelle di vicine del tue del alle del toglie, più Che l costume di assai dello splende del perchè di tuo? Perchè con il ancor Febo al vuoi del concorrente?
C'était le début d'un mythe, d'une légende.


Ghirlandaio a décoré vers 1472 la chapelle funéraire des Vespucci dans laquelle reposent plusieurs membres de celle-ci.
On peut voir encore aujourd'hui la Vierge de la Miséricorde (sous le manteau, les donateurs).
La jeune personne à gauche de la Madonne est Amerigo Vespucci qui a donné son nom à l'Amérique.
La femme sous la main gauche de la Madonne est Simonetta Vespucci.





mercredi 16 mai 2007

Frustrée

Je suis allée à Saint-Georges pour récupérer ma sculpture.
Madame Bielen qui fait les cuissons m'avait dit hier au téléphone que je l'aurais cet après-midi et lorsque je suis arrivée, ce n'était pas fait...
Déception!
Elle était dans le four, prête pour l'épreuve du feu durant +ou- 24 heures.
Et demain, c'est fermé! Jeudi d'Ascension!
Je me réjouissais à l'idée de patiner ma pièce tranquillement et à présent, je suis très frustrée et de mauvaise humeur.
Heureusement, je dois aller chanter.
J'ai une répétition extraordinaire ce soir avec ma chorale en vue du concert que l'on fera le 26 mai.
J'espère que ça me changera les idées.

Voici la prison de feu de ma sculpture. Impitoyablement et hermétiquement fermée.

Simonetta et Giuliano

Aussi célèbre que La Joconde, nous en savons un peu plus sur la belle Simonetta, la jeune femme à la robe fleurie, qui , dans le tableau de Botticelli au musée des Offices, symbolise le Printemps.
Poliziano dans l'une de ses Stances, nous décrit la première rencontre de Julien et de Simonetta, assise sur un talus :
Elle relève, de sa blanche main,
le bord de sa robe et se met debout,
et les fleurs remplissent le creux de l'étoffe.
Candide elle est, candide est son vêtement
Peint cependant de roses, de fleurs et d'herbes.
Les cheveux annelés de sa tête dorée
Descendent sur son front humblement superbe.

Comment ne pas reconnaître dans ces stances, l'émouvante figure du « Printemps » ? D'autant plus émouvante que nous nous apercevons bien en l'examinant, que nous sommes en présence d'une femme malade. Qu'on ne dise pas que Sandro Botticelli aimait les créatures anémiées. On ne retrouve nulle part dans son oeuvre ces traits charmants et morbides, aiguisés par le mal qui devait bientôt l’emporter. Déjà la vie s'est réfugiée dans les yeux clairs, lumineux, presque fiévreux, dans la bouche aux lèvres entrouvertes qui sourit encore, aspire voluptueusement, douloureusement les parfums qui l'entourent. Et si Flore pose ses mains avec tant de sollicitude sur elle, obéissant à un ordre de Zéphyr qui la presse, c'est qu'elle n'ignore pas que la belle Simonetta va mourir.
Lorsque Botticelli acheva le tableau, elle était morte et Julien avait été assassiné par les Pazzi.......





mardi 15 mai 2007

La preuve...

...Indéniable de ma fascination de longue date pour ce personnage énigmatique...




Ce tableau "Giuliano et Simonetta" que j'ai peint en 2002 était un hommage, ma contribution à la perpétuation du mythe à travers les siècles.

lundi 14 mai 2007



J'ai fait une variante sur le même thème que "La caresse". Une variante entre la caresse et le baiser. Avec un coeur en prime!

Elève très obéissante, j'ai fait comme a dit ma prof d'italien:

Puoi scolpire di notte e fare il tuo lavoro di giorno o vice versa...;-)!Ne sei capace... Ce la puoi fare...eh , eh..

J'ai sculpté la nuit et rédigé mon travail sur Simonetta le jour...

Pftttttttttttt!!!!!!!!!!!!!!!! Je suis crevée!

Il ne faudra pas m'en vouloir si je dors pendant le cours!

Les Médicis

Illustre famille de marchands, changeurs puis banquiers, mise en place par Cosme l'Ancien

Ses deux petits fils, Julien et Laurent de Médicis , sont restés célèbres.
Ils sont tous deux tombés amoureux de Simonetta Vespucci, mais il semblerait que seul Julien fut son amant.

Laurent de Médicis, dit Laurent le Magnifique fut un grand mécène pour l'enseignement et les arts. Ambitieux, autocrate, répressif, calculateur mais habile car intelligent, il réussit pour un temps à faire de Florence le plus puissant des États italiens. C'est lui qui attira tout ce qui traînait de poètes, de peintres, de philosophes ou d'artistes. Mais c'est lui aussi (y a-t-il une relation ?) qui ruina la banque familiale et rendit ensuite les Médicis impopulaires. On connaît au moins deux portraits de lui, un fait par Giogio Vasari, et l'autre fait par Botticelli (détail dans l'adoration des mages).

Laurent le Magnifique

Julien

On comprend Simonetta d'avoir préféré le frangin beau comme un dieu car malgré son surnom de Magnifique, il était moche comme un pou.

Botticelli fut chargé d'orner d'une figure de Pallas l'étendard de Julien de Médicis, pour une joute donnée en 1475 sur la piazza Santa Croce : les peintres de l'époque ne dédaignaient pas ce genre de tâches.
Simonetta Vespucci fut la "dame " du chevaleresque Julien, comme Béatrice était la femme de Dante, c'est à dire l'idéale bien-aimée.
On y voyait au centre, Pallas casquée à l’antique sur sa toison dorée, portant une armure par-dessus sa robe virginale et brandissant d’une main une lance et de l’autre un bouclier à tête de Méduse. Une devise tracée en lettres gothique et en français, la langue de l’amour courtois : La Sans Pareille.

Simonettafut élue reine de la fête.

L’étendard est aujourd’hui perdu mais on possède une toile de Botticelli avec le personnage mythologique de Pallas et le centaure.

dimanche 13 mai 2007

Dimanche, fête des mères

Dimanche, fête des mères.
Bonne fête à ma maman...


...Et bonne fête à moi aussi...

La nostalgie, c'est comme les coups de soleil : ça ne fait pas mal pendant, ça fait mal le soir.

[Pierre Desproges]

Suite de l'histoire de Simonetta? Demain (peut-être).

samedi 12 mai 2007

Simonetta à Florence

Comment cette inconnue a-t-elle réussi en aussi peu de temps dans l'univers de la Renaissance à approcher et séduire autant de peintres, de poètes et pénétrer (juste avec sa beauté ?) dans le cercle magique de Florence d'où elle n'était pas originaire ?
Née en 1454 (à Porto Venere ou à Gênes) dans une noble famille génoise, Simonetta Cattaneo y rencontre en 1468, elle a tout juste 15 ans, un jeune garçon de son âge, Marco Vespucci, cousin de la célèbre famille Vespucci.
Le mariage a lieu la même année, et ils arrivent tous les deux à Florence autour de 1472.
Il lui reste quatre ans à vivre avant de mourir de tuberculose en avril 1476 !

C'est dans ces quatre dernières années que réside bien sûr tout le mystère de son passeport pour l'éternité !

La famille Vespucci n'est pas n'importe quoi. Elle est riche, célèbre, influente et a de bonnes fréquentations. Elle est restée dans l'histoire à cause d'un de ses fils, Amerigo Mateo Vespucci navigateur qui a donné son nom à l'Amérique.
Dans l'histoire qui nous intéresse, c'est le cousin du navigateur qui compte : Giorgio Antonio car il fréquentait la Maison des Médicis.

C'est ce Giorgio Antonio Vespucci qui introduisit chez les Médicis un jeune peintre inconnu de 18ans qui habitait à côté de chez lui: Sandro Botticelli !
Les Médicis prirent vite l'habitude de lui donner du travail c'est-à-dire des commandes. C'est donc aussi sans doute par l'intermédiaire de Giordio Antonio que la jeune Simonetta sera introduite dans cette maison historique et rencontrera Sandro Botticelli qui tombera aussitôt amoureux d'elle (platoniquement) et la prendra comme modèle de la beauté dans une bonne partie de son œuvre future.

L'adoration des Mages

Sur ce tableau ont reconnait Simonetta en madonne, Julien et Laurent de Médicis, Pic de la Mirandolle et Botticelli lui-même.

Botticelli, détail.

vendredi 11 mai 2007

Simonetta Vespucci

Avec ses cheveux dorés, son corps mince, sa peau de nacre, sa grâce, elle illumine les chefs-d’œuvre des maîtres du Quatrocentro, Pollaiolo, Ghirlandaio, Piero di Cosimo, Botticelli ou Léonard de Vinci.
Les hommes, depuis, n’ont cessé de rêver d’elle. Singulièrement moderne, elle est encore par-delà les siècles la plus belle fille du monde.
Simonetta Cataneo découvre Florence à seize ans, en épousant Marco Vespucci, cousin D’Amerigo, le célèbre navigateur florentin. Sur cette ville flamboyante, novatrice, excitante, où artistes et mécènes, humanistes et poètes ont tous vingt ans, elle ouvre les yeux. Adulée, courtisée, elle est la Vénus de toutes les fêtes et de toutes les joutes. Du plus modeste au plus illustre, les Florentins en sont fous.
Au premier rang de ses adorateurs, deux frères complices et rivaux, les Médicis, Laurent le Magnifique et Julien, son cadet. Une passion naît entre le Prince et la Muse dans la ville la plus libre d’Italie. Le destin les frappe tous les deux, à deux années d’intervalle, un fatal vingt-six avril.
C’était il y a cinq siècles.

jeudi 10 mai 2007

Le printemps de Botticelli

Je suis obligée de mettre ma sculpture et peinture entre parenthèse durant quelques temps car je dois faire un travail de fin d’année pour mon cours d’italien.
Mais cela ne signifie pas que je vais abandonner l’art pour autant car j’ai choisi un sujet qui touche à la peinture et qui me passionne depuis des années. L’écrire me fait plaisir et si j’en parle ici, c’est qu’il y a aussi sa place.
Tout a commencé en 1995 alors que j’étais en vacances à Florence. Je visitais l’incontournable musée des offices quand je suis entrée dans la salle consacrée à Botticelli. Au centre de la salle, un immense tableau couvrait tout le mur, un tableau très connu : Le printemps.
J’ai été saisie par une émotion intense devant la beauté de cette peinture. Bien sûr, je le connaissais. Je l’avais vu cent fois en photo, je le trouvais beau mais rien à voir avec ce que j’avais devant les yeux ! Aucune des photos qui le représentait ne pouvait rendre le contraste époustouflant entre la lumière du ciel et l’obscurité des arbres, entre la peau nacrée du personnage féminin et la transparence des voiles…Ah ! Le personnage féminin !
Représenté six fois sur cette allégorie du printemps, démultiplié dans sa beauté féconde. Une scène païenne parmi les tableaux religieux et les madones de l’époque. Je ne savais pas encore qui elle était et quelle était son histoire. Simonetta Vespucci.
Je me suis assise sur la banquette installée devant à bon escient et je suis restée là longtemps, je ne sais pas combien de temps à regarder, admirer, rêver. Je ne parvenais pas à m’en arracher. J’ai pourtant dû quitter cette salle à regret et les autres chefs-d’œuvre me parurent fades ensuite.
Je suis revenue trois ans plus tard pour revoir Simonetta et pour la retrouver partout à Florence.
Je vous raconterai son histoire.

mardi 8 mai 2007

Poème pour la caresse

J'ai porté La caresse à la cuisson.
Je l'ai redressée et elle tient verticalement! Hourra!

La caresse

Dans l'instant caressant

Tout est délicieux

La douceur et le chant

Du plus doux des aveux

Les amants réunis

Touchent d'un doigt gracile

Le serment qui se lit

Sculpté dans cette argile

Désormais ne font qu'un

Attachés par l'amour

Leur visage commun

Fusionné pour toujours.

lundi 7 mai 2007

La pluie

Il pleut.
Après des semaines de sécheresse.
La terre a soif et absorbe l'eau instantanément.
Il faudra plusieurs jours de pluie pour que les cultures soient régénérées.
La nature sent bon, l'herbe mouillée, les arbres du bois tout proche. Les fleurs exhalent leurs parfums.
J'avais presque oublié cette odeur familière bien belge.
La pluie ruisselle sur les ardoises du toit, suit son chemin de corniches et de gouttières pour aboutir dans la citerne vide depuis deux semaines.
Je peaufine ma petite dernière, ma chrysalide haute couture, en regardant de temps en temps à la fenêtre la pelouse qui reverdit.



Le temps chaud d'une année est effacé par la pluie d'un seul jour. [Proverbe malais]

dimanche 6 mai 2007

Cocon haute couture

Je ne sais pas trop ce qui est arrivé à ma chrysalide mais n'en déplaise à la personne qui a publié un commentaire disant que je devrais lui faire les seins en trompette comme son nez, ils sont à présent recouverts.
Je trouve qu'elle a un air très "haute couture" digne d'un Jean-Paul Gaultier avec ses ailes qui ressemblent à un grand col d'organdi et son cocon-corset-sexy.

J'ai utilisé de la terre blanche pour le cocon, les ailes et le couvre-chef sur la rouge du corps. En principe, les deux devraient avoir le même retrait au séchage et à la cuisson...J'espère!

Ça va encore être pratique à transporter!

samedi 5 mai 2007

Terre rouge

Cette terre est vraiment très agréable a travailler.
Elle se lisse bien, ne colle pas...
Un ami me demandait hier avec quel outil je lissais la terre:
Avec mes doigts!
Ce sont les meilleurs outils qui soient pour faire ça et quoi de plus sensuel que de caresser la terre?



Première ébauche; Elle n'a encore ni bras, ni jambes mais en aura t'elle?

Elle aura peut-être des ailes et un corps de papillon.

J'ai envie de refaire une deuxième chrysalide. (voir archives mars: )

mercredi 2 mai 2007

J'ai craqué

Aujourd’hui j’ai craqué !


Depuis déjà deux semaines j’avais acheté dix kilos de terre rouge.
Je tournais autour indécise, sachant que si j’y touchais, la paresse, le soleil, mes mains reposées, tout cela serait fini.

Je prolongeais encore un peu ce moment d’oisiveté sereine, me retenant le plus longtemps possible car le moment crucial différé n’en rendrait que plus voluptueux le plaisir…


Aujourd’hui j’ai craqué !


J’ai ouvert le paquet de terre, disposé ma tournette, mes outils autour de moi et ENFIN j’ai plongé les mains dans l’argile.
Quel plaisir délicieux de ramener des poignées de terre arrachées à la motte !


Je crois que la terre est pour moi une psychothérapie.
Je ne comprends pas trop ce qui m’arrive mais j’ai cru pendant des dizaines d’années que je n’aimais pas ça. Je n’ai jamais supporté d’avoir les mains sales. C’est pour cela que j’ai d’abord fait du dessin puis de la peinture lisse…J’aurais presque pu peindre sur la table du salon sans rien salir. Depuis toute petite, je ne me salis pas. Ma mère me recommandait de faire attention à ma jolie robe blanche et je prenais mille précautions pour ne pas me tâcher.


Je crois que je suis guérie et je ne me prive pas de malaxer l’argile, d’y plonger les doigts, de la rouler entre mes paumes et de la pétrir. J’aime ça !

mardi 1 mai 2007

Le droit à la paresse

Il fait trop beau pour travailler! Et si cela n'allait pas durer?

On a beau ne plus avoir eu une goutte de pluie depuis des semaines, on n'en est pas moins en Belgique, il ne faudrait pas trop vite l'oublier!

Alors, l'heure est à la sieste. Profitons de ce qui nous est donné.

Le travail pour "la postérité" sera remis à plus tard, aux jours gris et pluvieux, s'ils reviennent un jour...

La paresse n'est pas donnée à tout le monde.

C'est très difficile d'être paresseux, il faut de l'entraînement pour réussir à oublier le lavage de cerveau subi depuis l'enfance et ne rien faire sans culpabiliser!

C'est un art à part entière la paresse...Un art qui a droit de citer dans ce blog:

"O paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines ! " [Paul Lafargue] Extrait de Le droit à la paresse.

Assez pour aujourd'hui! Je m'en vais faire le lézard au soleil...Voir les feuilles à l'envers.

"Je me surmène de paresse. " [Jules Renard] Extrait de son Journal - 1897